Le Bateau fantôme du capitaine Craig

 

Dans ce coin de pays, de génération en génération, le fameux bateau fantôme

continue et continuera à faire parler de lui. Quand on commence à fouiller sur

le sujet, on y trouve plus qu'une simple petite histoire locale.

 

Le phénomène est mondial, chaque pays à proximité d'étendue d'eau en possède une

version.

 

De Dalhousie à Miscou, les histoires divergent et les témoignages abondent.

Cependant, toutes les versions ont des points communs : l'annonce du mauvais temps,

de naufrage et la vengeance du bien sur le mal.
 

Parmi mes nombreuses lectures sur le sujet, la version de Francis Savoie alluma

mon imagination. Son texte dans L'Île de Shippagan anecdotes, tours et légendes

coïncidait avec ma vision du sujet et le voici.

C'était au début du siècle dernier. De gros voiliers, venant de l'inconnu, sillon

naient alors la baie des Chaleurs et pénétraient dans ses estuaires les plus

reculés. On y faisait escale.

 

À l'approche des côtes, ces navires baissaient les voiles et arboraient le pavillon

pour appeler à leur bord le pilote qui devait les conduire le plus près possible du

rivage; car à cette époque, il n'y avait ni phares, ni bouées, ni aucune autre indi-

cation pour les navigateurs pas même de quai ou de débarcadère.

 

Après avoir jeté l'ancre, on accostait en chaloupe et on se mettait à la recherche

de fourrures.

Les réserves indiennes surtout devenaient la convoitise de ces maraudeurs. Après

leur avoir troqué leurs précieuses pelleteries contre des objets sans valeur, on les

 soûlait puis on les pillait de toutes leurs fourrures. Le plus exécré de ces pirates

était sans contredit le Capitaine Craig.

 

Pour résumer, le pilote alla à bord du navire pour indiquer au capitaine le chemin

de retour. Le pilote entendit un bruit dans la cale et alla voir. À sa surprise, il y

trouva deux Indiennes, il ordonna aux hommes de jeter l'ancre et de les libérer.

Ceux-ci voulaient s'amuser et les jeter en mer plus tard.

 

Le pilote les ramena à terre et les Indiennes l'avertirent de ne pas retourner au

bateau car elles avaient jeté un sort.

 

Il retourna quand même au bateau, la tempête se leva mais avec peine et misère

il nagea jusqu'au rivage. Le capitaine et son équipage moururent tous. On raconte

que le pilote épousa l'une des deux Indiennes.

 

Quelques années plus tard, on aperçut le même navire en feu qui demandait

l'autorisation avec son drapeau mais le pilote, cette fois-ci, l'ignora... Depuis ce

temps, ce navire est condamné à errer et on peut le voir juste avant une tempête.

 

 

 

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