L’Exilée

 

(Ce récit touchant raconte l'histoire d'une exilée durant la déportation acadienne, histoire fictive mais qui aurait un peu de véracité dans le contexte de l'année 1755 en Acadie)

 

 

Oh! belle inconnue, tu voyages depuis bien longtemps sur ces flots

Qui a pu tant te chagriner pour que tes yeux soient noyés dans tes sanglots

Ton visage est défiguré par une douleur si profonde et tes vêtements sont en lambeaux

Cette tristesse doit provenir d’un chagrin si profond, quel est ce terrible fardeau  

 

 

Cœur déchiré, cœur solitaire qui t’as chagriné autant pour que tu sois si bouleversée

Mais notre étrangère s’écroule sans avoir pu répondre sur la côte elle est tombée

Ses mains sont meurtries par l’usure de ramer et son visage boursouflé de pleurs

Oh! Toi belle exilée, dis-moi que puis-je faire afin de calmer ta douleur

 

 

Chez moi je l’accueille afin qu’elle mange un peu et qu’elle se repose

 Elle avale gloutonnement sa nourriture, puis sur un lit elle se pose

 Complètement épuisée elle s’endort profondément

 Durant des heures elle reste là allongée et se remet de son épuisement 

 

 

Je l’observe pendant qu’elle dort dans ses pauvres haillons déchirés et mouillés

Qui pouvait être cette étrangère cela me troublait l’esprit, je me sentais tourmenté

Puis elle se réveille  et regarde tout autour de la pièce elle semblait traumatisée

Je l’apaisai tout doucement en lui chuchotant ça va aller ma douce, ça va aller  

 

 

Elle commença son récit de la tragique déportation des siens

Sur des petites embarcations ont été placés tous les miens

 Les enfants, les femmes et les hommes séparés de leurs familles

Que de déchirements et de pleurs ont vécus tous ces gens, quelle tragédie  

 

 

 Cette haine et ce mépris, quelle cruauté venant de ces êtres

Pourquoi ces hommes avaient-ils autant de rancœur  dans leur tête

Qu’avaient donc fait ces pauvres gens pour mériter un sort si terrible

De simples paysans attachés à leur terre, était-ce un rêve si impossible  

 

 

Quel était le crime que de vouloir à tout prix la liberté

Ces gens étaient-ils dépourvus de toute humanité

Le pouvoir de vouloir s’approprier les biens de ces pauvres paysans

Fallait-il en plus les arracher à leur famille et les exiler au-delà de l’océan

 

 

J’écoutai notre pauvre paysanne nous raconter ce récit extrêmement troublant

En la fixant je ne pus retenir mes larmes tant c'était émouvant

Eh! là, elle lança un cri déchirant en disant : Oh! Mère Patrie, Oh! Mon Acadie

 Pourquoi nous avoir abandonnés sur ces flots, pourquoi ce geste de folie

 

 

Et une voix de répondre, oh! belle exilée, ta mère ne t’a pas abandonnée

Elle est encore là dans ton cœur et le demeurera pour l’éternité

Car tout tes descendants qui viendront après toi, connaîtront ton histoire

 Tes enfants marcheront sur ta mère patrie et se rappelleront, tu peux me croire

 

 

Oui un jour ils reviendront, tous ceux qui ont été exilés comme toi, ce sera un grand jour

 Personne ne pourra empêcher ce grand retour, 

Oh! Mon Acadie, mon si grand amour! 

Dans nos cœurs tu règneras et ça pour toujours.

 

 

Georgie (une exilée)

 

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