Les Lutins malins      

(Cette légende me fût racontée par des personnes venant de régions différentes et  qui auraient entendu cette histoire par les anciens et qui sont toutes très similaires.)

 

 

 

Dans un chantier au Nouveau-Brunswick, un charretier remarque un matin que son cheval a la queue et la crinière tressées (nattées).

 

Il en parle donc à ses compagnons de travail et ceux-ci émettent l'opinion que ce doit être l’œuvre des lutins. Ces petits êtres aiment se promener à cheval la nuit et tressent la crinière et la queue des chevaux  pour mieux y cramponner leurs pieds fourchus.

 

 Le lendemain matin, le charretier en question trouve son cheval tout en sueur et couvert d'écume comme s'il avait rudement travaillé … c'est l’œuvre des lutins !!!

 

On aurait même aperçu des traces d’empreintes minuscules  fraîches sur la neige et qui ne pouvaient certainement pas être celui d’un enfant et encore moins celles d’un adulte.

 

On dit à cet homme qu'un autre charretier a connu la même expérience et pour se débarrasser des lutins, il a utilisé de la graine de lin. C'est simple et efficace.

 

On verse une bonne quantité de graines de lins dans l'avoine du cheval tourmenté par les lutins. Le cheval ne touchera pas à sa portion s'il flaire la senteur de la graine huileuse. Et comme les lutins sont passionnés des chevaux en se promenant sur leur dos la nuit à grande vitesse, ils prennent aussi bien soin de nourrir l'animal qui les a conduits.  

 

Certains habitants sculptaient un petit cheval en bois qu'ils plantaient sur une épée fixée sur le faîte de la grange; les lutins chevauchaient alors la girouette et n'entraient pas dans l'étable. On dit encore que le meilleur tour à jouer à des lutins est d'attraper une "lutine" et que son homme "versera un plein baril d'or pour en reprendre possession".

 

À la vue de l'avoine laissée par le cheval à cause de la graine de lin, les lutins s'empressent au retour de leur randonnée de nettoyer l'avoine afin d'enlever toute trace de la graine de lin. Ils y mettent beaucoup de soin et de temps. S'ils sont surpris à la besogne par les humains, ils sont tellement honteux qu'ils disparaissent pour des mois sinon pour toujours.

 

Cette légende, je l’ai également entendu raconter par un ami personnel natif de l’Italie qui connaissait cette histoire exactement comme celle que je viens de vous raconter.  

La même histoire aurait été raconté dans la Beauce au Québec également par les anciens cultivateurs. Mon père, âgé de 79 ans me raconta qu'il vit de ses yeux, les chevaux avec leur queue et leur crinière tressées et qu'ils devaient répandre des graines de lin afin d'éloigner les lutins car supposément, ils avaient horreur du lin; il avoue ne jamais en avoir vu ; cependant, certains auraient  auraient aperçus des traces près de la grange de minuscules petits pieds dans la neige.

 

Si vous apercevez, un jour, un cheval à la queue et à la crinière tressées, dites-vous bien que les lutins ne sont pas loin …

 

                                                                              

                                                                                                                       Georgie 

 

 

 

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